La campagne de l'EJIES en Australie fait reculer la censure politique à l’Université Griffith

Par nos correspondants
26 mars 2015

Une campagne énergique menée par les Etudiants et jeunes internationalistes pour l’égalité sociale (EJIES) à l'Université de Griffith de Queensland, la capitale de l'état de Brisbane, a contraint les autorités de l'Université à revenir pour l’instant sur leur décision d'interdire à l'EJIES de s'inscrire cette année en tant que club sur le campus de l'Université.

Les clubs et associations des universités australiennes participent à la vie culturelle étudiante au sein de l’université et bénéficient de droits spécifiques, comme l’accès à certains services, la possibilité de tenir des stands et de mener des réunions avec mise à disposition de salles.

L'EJIES, le mouvement de jeunesse du Parti de l’égalité socialiste, a recueilli un important soutien auprès des étudiants de Griffith, ainsi que des lecteurs du World Socialist Web Site, qui ont protesté contre la censure politique flagrante de l'université. Au cours de campagnes sur le campus par des membres et des sympathisants de l’EJIES, des étudiants des campus Nathan et Southbank ont apporté leurs signatures pour adhérer au club de l’EJIES, tandis que des lecteurs du WSWS ont adressé des lettres au coordinateur des clubs et associations de l'université, exigeant la levée de l'interdiction.

Le 2 février, Deb de Silva, le responsable du Bureau des clubs et associations sur le campus, avait envoyé à l'EJIES un courriel déclarant qu’ «en raison des tentatives précédentes infructueuses en vue de capter l'intérêt des étudiants, nous ne pousserons pas plus avant la procédure avec cette organisation en vue de la reconnaitre comme club étudiant». L'EJIES s’est également vu refuser l'autorisation de tenir des stands d’information et d’inscription lors de la semaine d'orientation. Des agents de l’administration ont à deux reprises fait retirer les tables de campagne de l'EJIES.

Dès le départ, l'EJIES a reconnu que l'interdiction était politiquement motivée, dirigée contre le seul club étudiant qui mettait en avant une perspective socialiste et internationaliste, en opposition à la guerre, à l’austérité, aux inégalités sociales et à la violation des droits démocratiques fondamentaux que mènent les gouvernements à travers l'Australie et au niveau international.

Loin de n’avoir pas su «capter l’intérêt des étudiants», le club de l'EJIES à Griffith avait un antécédent de deux ans dans la tenue de réunions et campagnes régulières sur des sujets tels que «la défense d’Edward Snowden et la réponse socialiste aux attaques anti-démocratiques», «l’opposition à la guerre contre la Syrie», «la glorification de la première guerre mondiale et les préparatifs de la troisième guerre mondiale» et «l’Ukraine, les dangers du fascisme et la guerre».

Le 21 février, à la veille de la semaine d'orientation, l'EJIES a publié une déclaration condamnant la décision de l'Université. Des centaines d'exemplaires ont été distribués sur le campus. La déclaration expliquait que l'interdiction marquait une escalade par rapport à la tentative en avril dernier d’interdire à tous les clubs politiques étudiants de réserver des salles pour tenir des réunions à l'université. L'EJIES avait également fait campagne contre ce geste complètement anti-démocratique, forçant finalement la direction à abandonner l'interdiction de réservation des salles.

Le 4 mars, alors que l'Université continuait à empêcher l'EJIES de tenir des stands d'information, un autre article a été publié sur le World Socialist Web Site, condamnant ces actions, interviewant un nouveau membre de l’EJIES et encourageant les lecteurs à écrire à l'université pour exiger la levée de l'interdiction.

Tout en niant maintenant que l'université ait voulu empêcher l'EJIES de faire enregistrer un club, de Silva, le responsable du bureau des clubs et associations, a indiqué que le club devait présenter une «déclaration de principes» avant de pouvoir inscrire ses membres – bien que l'EJIES avait obtenu un statut provisoire l'an dernier après avoir présenté la liste requise de 15 membres.

Finalement, l'EJIES a été autorisé à installer deux tables d'enregistrement, une sur chaque campus, pour obtenir une liste complète des 15 membres pour le dépôt d'une telle déclaration de principes. De Silva a insisté pour que l'EJIES explique en quoi il différait de Socialist Alternative, un groupe de la pseudo-gauche. Cette requête donnait à penser que l'université pourrait utiliser la présence de ce groupe sur le campus comme prétexte pour refuser de reconnaitre l'EJIES.

Le groupe Socialist Alternative – qui a été régulièrement autorisé à mettre en place des stands au campus Nathan cette année – n'a rien à voir avec le socialisme. Il a soutenu les interventions menées par les Etats-Unis en Libye et en Syrie, a salué le gouvernement ouvertement pro-capitaliste de Syriza en Grèce et a cherché à détourner l'hostilité populaire au gouvernement Abbott en faveur du retour d'un autre gouvernement travailliste-verts.

La «déclaration de principes» soumise par l'EJIES a clairement exprimé sa complète opposition à Socialist Alternative et à d'autres faux groupes de «gauche». Les objectifs du club ont été énoncés comme suit:

1. S'opposer à la guerre impérialiste et à l'inégalité sociale. Construire un mouvement international contre la guerre.

2. Tenir des forums réguliers sur les analyses du World Socialist Web Site.

3. Promouvoir le marxisme. Discuter des œuvres de Marx, Engels, Lénine, Luxemburg et Trotsky.

En réponse, de Silva a envoyé un courriel le 18 mars, où il est écrit: «Félicitations! L’EJIES est passé à l’étape suivant pour enregistrer un club à Griffith.» De Silva a également accepté la demande de l'EJIES de réserver une salle pour que le club puisse tenir sa première réunion de l'année à l’heure du repas, le mardi 14 avril. Une date limite a toutefois été fixée, soit le 27 mars à 16h, pour que l’EJIES présente son dossier d’inscription comme club.

En raison des semaines d'obstruction de la part de la direction de l'Université, l'EJIES a demandé une prolongation de ce délai. La date limite tombant avant la date de la première rencontre du club, il était clairement impossible de remplir l'une des exigences de l'inscription qui était de présenter le compte rendu de l'assemblée générale annuelle du club dans le dossier d'inscription.

Le 20 mars, de Silva a répondu par un courriel accordant une prolongation jusqu'au17 avril à 16h. Compte tenu de l’attitude des autorités de Griffith au cours de la dernière année, il n’y a encore aucune garantie qu'elles reconnaitront le club de l'EJIES, même après que toutes les conditions soient remplies.

Nous demandons instamment aux étudiants de Griffith de venir à la réunion de l'EJIES, le 14 avril, de 12h30 à 14h dans la salle de séminaire du campus Nathan N53_0.59 (Willett Centre Building). Il y sera présenté un rapport ainsi qu’une vidéo sur la campagne de l'EJIES à l'Université Humboldt en Allemagne contre la renaissance du militarisme allemand et la transformation de l'Université en un centre de propagande de droite faisant la promotion de la guerre. La réunion élira également le comité exécutif de l'EJIES pour 2015.

Nous exhortons également les étudiants de Griffith et les lecteurs du WSWS à continuer à envoyer des messages exigeant que l’Université arrête ses efforts pour empêcher l'EJIES de former un club.

Les messages devraient être envoyés à Wade Hurst, le coordinateur des clubs et l’agent de l’administration auprès du Conseil de représentation des étudiants.

adresse courriel: w.hurst@griffith.edu.au

Adresse postale: Griffith Sport and Activities, Nathan campus, Griffith University, 170 Kessels Road QLD 4111, Australia.