Une réunion internationale à Berlin appelle à l’intensification de la lutte contre le capitalisme et la guerre

Par nos correspondants
30 septembre 2017

Samedi dernier, le Sozialistische Gleichheitspartei (SGP, Parti de l'égalité socialiste) a clôturé sa campagne électorale avec un rassemblement international contre le capitalisme et la guerre. Une centaine de membres et partisans du parti ont participé à la réunion au Kalkscheune au centre de Berlin pour entendre des intervenants des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France et discuter une perspective socialiste pour lutter contre le fascisme et la guerre.

La réunion à Berlin

Les intervenants à la tribune ont parlé en détail de la crise internationale du capitalisme, de la menace imminente de la guerre mondiale nucléaire et du renforcement de l'appareil d'État dans le monde entier. Ils ont expliqué que le virage à droite de tous les partis et l'influence croissante de l'extrême droite ne peuvent être stoppés que par un mouvement socialiste de la classe ouvrière.

Peter Schwarz, président du comité de rédaction allemand du World Socialist Web Site, a ouvert la réunion avec une évaluation de la campagne électorale. Vingt-cinq ans après la dissolution de l'Union soviétique, la campagne électorale actuelle a eu lieu dans des conditions de crise profonde du système capitaliste. Ce n'était pas seulement la classe dirigeante américaine qui a réagi par des mesures de réarmement et d'État policier – la classe dirigeante allemande suit une trajectoire similaire.

Peter Schwarz

À cet égard, il y a eu unanimité parmi les partis, allant de l'Alternative pour l’Allemagne (AfD) de l'extrême droite au parti La Gauche. «Le SGP (Parti de l’égalité socialiste) est le seul parti qui s'est constamment opposé à cette folie et a placé la lutte contre le militarisme et la guerre au cœur de sa campagne électorale», a déclaré Schwarz.

Le SGP s'inscrit dans la tradition de la Révolution d'Octobre et la lutte irréconciliable pour l'indépendance politique de la classe ouvrière. Il s’était donc totalement opposé à tous les groupes de la pseudo-gauche, qui couvrent la politique de droite du parti La Gauche et ont appelé à voter pour ce dernier. «Notre campagne est conçue pour construire un parti révolutionnaire qui unit les travailleurs du monde entier dans la lutte contre le nationalisme, les inégalités sociales et la guerre», a déclaré Schwarz.

Le secrétaire national du Parti de l'égalité socialiste (SEP) aux États-Unis, Joseph Kishore, a également souligné l'importance de la lutte contre la pseudo-gauche. Bernie Sanders a reçu beaucoup de soutien après s'être déclaré socialiste et son opposition aux niveaux extrêmes d'inégalités sociales. Mais il aura finalement appuyé Hillary Clinton, défendu le Parti démocrate et étouffé l'opposition sociale. Cela a ouvert la voie à l’arrivée au pouvoir de Trump.

Joseph Kishore

Kishore a abordé le caractère fasciste du gouvernement Trump. Dans son discours devant les Nations Unies, Trump a annoncé la «destruction totale» de la Corée du Nord sans subir d'opposition significative au sein de l'establishment politique. «L'étendue de la criminalité nue et du gangstérisme dans le gouvernement des États-Unis n'est comparable qu'à l'Allemagne nazie dans les années 1930», a déclaré Kishore.

Trump n'est pas surgi de nulle part. «Au bout du compte, le gouvernement américain est l'expression de l'effondrement prolongé du capitalisme américain et international», a déclaré Kishore. L'inégalité sociale avait pris des formes horribles.

Le secrétaire du Parti de l'égalité socialiste (PES), la section française du Comité international de la Quatrième Internationale, Alex Lantier, a soutenu que les mêmes processus de militarisme et de polarisation sociale étaient également présents en Europe. La France et l'Allemagne adoptent de plus en plus fréquemment une position contre les États-Unis. «Dans ce processus, le capitalisme européen n'est pas une sorte de cousin plus civilisé de l'impérialisme américain, mais plutôt son rival impitoyable et arrogant.»

Avec sa réforme du marché du travail en France, le gouvernement d'Emmanuel Macron entreprend une attaque radicale contre les droits sociaux des travailleurs acquis au cours du XXe siècle. L'offensive de Macron est annonciatrice d'autres attaques sociales à travers le continent. L'opposition à ces mesures ne pouvait pas être laissée entre les mains des syndicats ou un soi-disant Front de gauche. Cela a été démontré notamment par l'expérience en Grèce, où Syriza a imposé les diktats d'austérité de l'UE en collaboration avec les syndicats.

Chris Marsden, secrétaire national du SEP (Parti de l’égalité socialiste) en Grande-Bretagne, a décrit le rôle joué par l'Union européenne dans la dévastation de la Grèce. «L'UE a depuis longtemps abandonné ses anciennes prétentions sociales-démocrates et libérales et se manifeste de plus en plus comme un instrument de la contre-révolution sociale», a-t-il déclaré.

Chris Marsden

Le Brexit avait montré que l'Europe ne pouvait pas être unie sous le capitalisme. Le SEP en Grande-Bretagne, comme le SGP en Allemagne, a rejeté toutes les formes d'opposition nationaliste à l'UE et s'est battu pour les États socialistes unis d'Europe.

Christoph Vandreier, vice-président du SGP, a clôturé la réunion. Il a abordé en détail le virage à droite dans la politique officielle et la montée en puissance de l’AfD. L'hypocrisie des partis au Bundestag (Assemblée nationale) dans leurs critiques contre l’AfD était répugnante, a déclaré Vandreier: «En fait, l'Union démocrate-chrétienne, le Parti social-démocrate, les Verts et La Gauche ne se distinguent pas fondamentalement de l’AfD. Ils critiquent l'AfD le dimanche et mettent les politiques de l'AfD en œuvre le lundi au Bundestag et dans les parlements régionaux.»

Christoph Vandreier

Tous les partis étaient impliqués dans la déportation de masse de réfugiés vers les zones de guerre; ils ont tous exigé le renforcement de l'appareil d'État et soutenu le retour du militarisme allemand. L'expression la plus évidente du virage à droite, cependant, était la campagne pour minimiser les crimes de guerre des nazis. Vandreier a décrit en détail comment des représentants de tous les partis s'étaient alignés sur l'extrémiste de droite, le professeur de Humboldt, Jörg Baberowski, après que ce dernier a affirmé que Hitler n'était pas cruel et a défendu l'apologiste nazi Ernst Nolte.

Lorsque le SGP et son organisation jeunesse, les Étudiants et jeunes internationalistes pour l'égalité sociale (IYSSE), ont tenu des réunions en opposition à cette falsification de l'histoire, ils ont été le sujet d’attaques massives dans les médias. Le journal FAZ a appelé à la censure du World Socialist Web Site, et juste un peu plus tard Google a commencé à censurer les résultats de recherches dirigées vers le WSWS, en particulier les nombreux articles et les polémiques sur le WSWS en rapport avec Baberowski.

«La classe dirigeante craint que la vérité ne soit éventée. La vérité est que le système capitaliste ouvre de nouveau la voie au fascisme et à la guerre. Soit la classe ouvrière renverse le capitalisme et construit une société socialiste, soit la bourgeoisie va encore plonger l'humanité dans une catastrophe», a déclaré Vandreier. Le SGP était le seul parti à articuler cette vérité et à se battre pour un programme socialiste.

Les discours ont été suivis de discussions animées qui, dans de nombreux cas, se sont poursuivies tard dans la nuit.

(Article paru en anglais le 27 septembre 2017)