Christoph Vandreier: cent ans après l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht

Par Christoph Vandreier
17 janvier 2019

Il y a cent ans, des soldats des Freikorps ont assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, les deux dirigeants du Parti communiste allemand (KPD). Dans cette vidéo, Christoph Vandreier, vice-président du Parti de l'égalité socialiste (SGP) en Allemagne, parle du 100e anniversaire du meurtre des deux grands révolutionnaires.

Il y a cent ans, Rosa Luxemburg a été sauvagement assassinée et son corps jeté dans le canal derrière moi. Karl Liebnecht a subi le même sort non loin d'ici. L'assassinat de ces deux grands révolutionnaires fut soutenu par le gouvernement du SPD et mené par des soldats d’extrême-droite membres des Freikorps.

Ce fut sans aucun doute l'un des crimes les plus graves et aux conséquences les plus sérieuses commis dans l'histoire de l'humanité. Il fallait que Liebknecht et Luxemburg meurent pour empêcher la révolution, qui en novembre 1918 s'était répandue dans tout le pays comme une traînée de poudre, de renverser le système capitaliste, comme cela avait été le cas dans la Révolution russe.

Ces assassinats furent le signal d’une brutale contre-révolution dont ont été victimes des milliers de travailleurs communistes et qui a finalement abouti, des années plus tard, à la prise du pouvoir par les nazis qui s’appuyaient sur les soldats de ces mêmes Freikorps.

Aujourd'hui, la classe dirigeante répond à la crise profonde du capitalisme en se tournant vers le fascisme et la guerre. L'Allemagne se réarme et dans les services secrets et la police se développent des réseaux d'extrême droite qui sont couverts et soutenus par les plus hautes autorités, afin qu’ils puissent, comme il y a cent ans, être utilisés contre toute forme d’opposition.

Dans ces conditions, les principes pour lesquels Luxemburg et Liebknecht se sont battus toute leur vie et pour lesquels ils sont morts acquièrent la plus grande importance. Car, contrairement à ce qu’affirme le parti Die Linke (La Gauche), Luxemburg n’était ni féministe, ni libérale-démocrate, mais socialiste révolutionnaire.

Dans le document fondateur du Parti communiste, qu'elle a rédigé peu avant sa mort, Luxemburg écrivait : Au-dessus des murs croulants de la société capitaliste flamboient comme un avertissement fatidique les mots du Manifeste communiste, socialisme ou descente dans la barbarie

Et cette question se pose aujourd’hui de nouveau avec une grande acuité. C'est pourquoi la tâche la plus importante à présent est de renouer avec les traditions de Liebknecht et Luxemburg et de construire un parti révolutionnaire international.

Aujourd'hui, ces traditions sont incarnées par le Comité international de la Quatrième Internationale et le Parti de l'égalité socialiste .

(Article paru en anglais le 16 janvier 2019)