Rencontrez ceux qu’on censure: Andre damon

Par Matt Taibbi
28 novembre 2020

L'interview suivante a été réalisée par le journaliste Matt Taibbi et publiée à l'origine sur TK News. Taibbi est un des rédacteurs en chef de Rolling Stone et lauréat du National Magazine Award. Il est l'auteur de The Great Derangement (2009), Griftopia (2010), The Divide (2014), Insane Clown President (2017), I Can't Breathe (2017) et Hate Inc. (2019).

Andre Damon

Le 15 novembre, quelques semaines après avoir appris qu’un article du New York Post sur Hunter Biden avait été bloqué par les principales plate-formes de réseaux sociaux, le chanteur de Pink Floyd, Roger Waters, a attaqué Twitter pour un incident moins médiatisé:

L’IYSSE, un mouvement étudiant affilié à des partis socialistes internationaux, a été suspendu pour une obscure violation technique (voir explication ci-dessous). On a débloqué son compte après neuf jours, ce qui, dans une période où les sanctions techniques sont de plus en plus draconiennes, aurait pu constituer une petite surprise.

Moins surprenant encore, une autre organisation associée au «World Socialist Web Site» a été frappée d’une décision punitive de ‘modération de contenu’. Pendant une grande partie des quatre dernières années, le WSWS était un peu comme le canari dans la mine de charbon, en ce qui concerne les nouvelles formes de censure et de restrictions de la liberté d’expression.

Credit: Twitter_Nachricht von @rogerwaters

De nombreux Américains n’ont pas prêté attention aux nouvelles formes de ‘modération de contenu’ jusqu’en mai 2019, lorsqu’un groupe de plate-formes technologiques de premier plan a interdit des personnalités comme Alex Jones et Milo Yiannopolis. Une légende a rapidement circulé selon laquelle de telles campagnes visaient exclusivement la droite. Mais bien avant cela, le WSWS avait essayé de tirer la sonnette d’alarme sur l’impact d’une ‘modération’ de la parole par le grand patronat de l’Internet visant les voix dissidentes de la gauche progressiste. Dès août 2017, le WSWS a envoyé une lettre ouverte à Google, lui demandant de mettre fin à la figuration sur «liste noire politique» de son site, ainsi qu’à celle d’autres sites.

Comme de nombreux sites d’information alternatifs, le WSWS a constaté une forte baisse du trafic en 2016-2017, après l’élection de Donald Trump et les appels à une plus grande réglementation des «fausses nouvelles». Déterminé à en trouver la raison, le site a mené une série d’analyses qui se sont avérées cruciales pour aider à convaincre des organes comme le New York Times de couvrir la question. Dans sa lettre ouverte à Google, le WSWS a décrit les changements inexplicables apportés aux résultats de recherche dans son bailliage politique:

Les recherches de Google sur «Leon Trotsky» ont donné 5.893 impressions (apparitions du WSWS dans les résultats de recherche) en mai de cette année. En juillet, la même recherche a donné exactement zéro impression pour le WSWS, qui est la publication Internet du mouvement international fondé par Léon Trotsky en 1938.

Le WSWS a relié ce changement au Projet Hibou (Owl), un plan annoncé par Google en avril 2017 et destiné à «faire apparaître un contenu faisant plus autorité». Lorsque j’ai appelé Google environ un an plus tard pour un article sur un sujet connexe, ils m’ont expliqué le concept d’«autorité» comme un exercice de pondération de certaines références par rapport à d’autres. Ainsi, m’a-t-on dit qu’une ancienne recherche sur le «baseball» pouvait d’abord renvoyer à une page pour votre petite ligue locale, tandis qu’une nouvelle vous enverrait sur le site de la Ligue majeure de baseball.

Le hic, c’est que Google éloigne désormais les internautes des sources alternatives, de sorte qu’un article du New York Times sur le trotskysme pourrait être classé avant le premier organe de presse trotskyste au monde. Les requêtes doivent être construites de manière ultra précise pour faire apparaître toute une série de sites alternatifs, qui ont tous vu leurs résultats de recherche sur Google chuter fortement.

Le WSWS en a répertorié un grand nombre, parmi eux: Alternet en baisse de 63 pour cent Common Dreams en baisse de 37 pour cent, Democracy Now! en baisse de 36 pour cent, etc. Même WikiLeaks, au milieu de la fureur internationale sur le Russiagate, a baissé de 30 pour cent.

Depuis lors, le WSWS a été l’un des seuls grands médias américains à s’intéresser régulièrement aux questions de censure technologique, en montrant fréquemment un intérêt pour les principes constitutionnels curieusement absents des publications traditionnellement «libérales». Cela a valu au site une notoriété désagréable auprès des plate-formes technologiques. Lors d’une récente audition au Sénat, Sundar Pichai, PDG de Google, a fait référence au WSWS lorsque le républicain de l’Utah Mike Lee lui a demandé de nommer une «personne ou entité de haut niveau» de gauche qu’il avait censurée.

TK a contacté Andre Damon, rédacteur et éditeur du WSWS, pour s’enquérir de l’expérience du site:

TK: Il y a eu récemment un incident impliquant la présence sur Twitter de International Youth and Students for Social Equality. Pouvez-vous expliquer ce qui s’est passé? Le WSWS a-t-elle eu d’autres problèmes avec Twitter au fil des ans?

Damon: Le 11 novembre, Twitter a suspendu le compte de l’«International Youth and Students for Social Equality» (Étas-Unis) sans explication. L’IYSSE est le mouvement étudiant des Partis de l’égalité socialiste du monde entier, qui sont affiliés au «World Socialist Web Site».

Lorsque nous avons écrit à Twitter pour demander le rétablissement du compte, Twitter a répondu vaguement, laissant entendre que l’IYSSE gérait plusieurs comptes. Nous avons répondu que l’IYSSE a des sections dans le monde entier. Elles sont officiellement reconnues sur des dizaines de campus, y compris l’université de New York, l’université du Michigan et l’université Humboldt de Berlin, où l’IYSSE détient plusieurs sièges au parlement étudiant. Chacun de ces chapitres, légitimement, a sa propre présence dans les réseaux sociaux.

La justification déclarée de Twitter pour la suspension du compte de l’IYSSE était un prétexte ridicule, et cet acte de censure a déclenché des déclarations d’opposition. Le co-fondateur de Pink Floyd, Roger Waters, et le mannequin Andréa Pejić ont fait des déclarations d’opposition, tout comme des dizaines d’autres personnes. Neuf jours après la suspension du compte, Twitter l’a rétabli, toujours sans aucune explication sérieuse.

TK: Quand le WSWS s’est-il intéressé pour la première fois à la question de la censure des plate-formes, de la modération des contenus, ou quel que soit le nom qu’on lui donne? En fait, comment l’appelez-vous? Est-ce que ce qui se passe avec la modération accrue des contenus est une question de Premier amendement/liberté d’expression?

Damon: C'est de la censure, et c'est absolument une question relevant du Premier amendement.

En juillet 2017, nous avons constaté que le trafic vers notre site sur Google avait diminué de plus de 75 pour cent. Après avoir contacté d’autres sites et des experts en référencement, nous avons réalisé que le WSWS se trouvait parmi une bonne douzaine de sites de gauche dont le trafic de recherche avait également chuté.

Alors que nous cherchions une explication, nous avons découvert un billet de Ben Gomes. Il était à l’époque le vice-président de l’ingénierie de Google, annonçant que Google apportait des modifications à son algorithme pour rétrograder ce qu’il appelait les «fausses nouvelles». Il a expliqué que Google allait engager une petite armée de gens pour examiner les résultats de recherche et les noter. On a informé les examinateurs que si une recherche renvoyait des «points de vue alternatifs», il fallait mal noter cette recherche. On a appelé ce système en interne «Project Owl», et le public en a pris connaissance sous ce nom.

Il était évident que la baisse du trafic de recherche vers le WSWS et d’autres sites de gauche était due à ce changement dans l’algorithme de Google.

Les actions de Google étaient le résultat d’une campagne largement bipartite mais dirigée par les démocrates et leurs organes de presse affiliés, pour prétendre que l’opposition sociale intérieure était le produit de l’ingérence de pays étrangers, en particulier la Russie. Pour mettre fin à cette prétendue ingérence, il était devenu nécessaire de censurer l’opposition politique intérieure, que les Russes auraient cherché à «amplifier».

Lors d’audiences répétées à Washington, des personnalités comme Mark Warner et Adam Schiff ont exigé à maintes reprises que Google, Facebook et Twitter censurent les contenus de gauche. Tout cela constituait une violation claire et flagrante du Premier amendement, qui stipule que le Congrès n’a pas le pouvoir de limiter la liberté d’expression. Mais ici, le Congrès a incité les entreprises privées à faire exactement cela, et a menacé de les réglementer ou de leur infliger des amendes si elles ne s’y conformaient pas.

En août 2017, le WSWS a envoyé aux dirigeants de Google une lettre ouverte exigeant «que les changements antidémocratiques apportés au classement des résultats de recherche de Google et à son algorithme de recherche depuis avril soient annulés». En janvier 2018, nous avons appelé à la formation d’une «coalition internationale pour lutter contre la censure sur Internet».

En réponse à nos lettres, Google a catégoriquement nié qu’il pratiquait une censure politique. Mais cela rend son aveu ce mois-ci de la censure du WSWS si significatif.

Lorsque le sénateur Mike Lee a demandé au PDG de Google, Sundar Pichai, «Pouvez-vous me nommer une personne ou une entité de haut niveau d’une idéologie libérale que vous avez censurée» Pichai a répondu «Nous avons eu des problèmes de conformité avec la Revue socialiste mondiale [sic], qui est une publication de gauche».

Cela confirme toutes les affirmations faites par le WSWS dans sa campagne contre la censure d’Internet.

TK : Quelles autres plate-formes privées ont essayé de réglementer votre contenu ?

Damon: Le «World Socialist Web Site» est aussi banni, sans aucune justification, de R/Politics on Reddit, ainsi que de R/Coronavirus. Cette dernière interdiction est particulièrement flagrante, étant donné que nous avons été le plus fidèle partisan de la position de l’OMS — que COVID-19 peut être contenu — de tous les médias d’information. Le New York Times a publié plus d’une douzaine d’articles de Thomas Friedman qui plaident pour l’immunité collective, c’est-à-dire, pour laisser COVID-19 se propager dans la population sur la base d’une pseudo-science de charlatan, irresponsable.

Facebook nous a empêchés à plusieurs reprises d’organiser des événements. Lors du dernier incident, il a empêché l’IYSSE d’organiser un événement intitulé «Le coup d’État électoral de Trump et la menace de la dictature». Mais lorsque nous avons changé le nom de l’événement pour un générique, on nous a autorisés à l’organiser.

TK: Pourquoi le WSWS a-t-il décidé de se concentrer sur le Projet 1619 du New York Times Magazine, et quelle a été la réponse des plate-formes à ce travail?

Damon: Le WSWS a pris position contre le Projet 1619 pour deux raisons principales: parce que c’était un travail de falsification historique qui dénigrait les deux grandes révolutions démocratiques — la lutte pour l’indépendance entre 1775 et 1783 et la guerre civile de 1861 à 1865 — qui comptent parmi les événements les plus progressistes de l’histoire du monde; et parce que son but politique était de promouvoir la politique du communautarisme racial.

Le Projet 1619 prétendait à tort que la révolution qui a créé les États-Unis visait à préserver et à étendre l’esclavage. C’est là une falsification flagrante de l’histoire.

De plus, le but politique du Projet 1619, en affirmant à tort que les Noirs d’Amérique «se sont battus seuls» pour leur libération, était d’affaiblir les liens de la solidarité de classe entre les travailleurs noirs et blancs. C’est un fait fondamental et indéniable que des centaines de milliers de blancs du Nord, dont beaucoup d’artisans, de fermiers et d’ouvriers, ont sacrifié leur vie pendant la guerre de Sécession au son de l’Hymne de Bataille de la République: «Mourons pour rendre les hommes libres».

Ce fait montre qu’il est possible de créer un mouvement multi-racial, multi-religieux et multi-national de la classe ouvrière. Le slogan des marxistes, qui remonte au Manifeste communiste, est «Travailleurs du monde, unissez-vous!» et non pas «races du monde, divisez-vous».

Travaillant en collaboration avec les plus grands historiens de la Révolution américaine et de la Guerre de Sécession, le WSWS a révélé que la prémisse centrale du Projet 1619 était totalement fausse.

En novembre et octobre de l'année dernière, le World Socialist Web Site a publié des entretiens avec Gordon Wood, James McPherson, James Oakes, Victoria Bynum et Clayborne Carson. Ces historiens ont démoli la prémisse centrale du Projet, que la Révolution américaine était une insurrection pour défendre l'esclavage. De plus, ils ont clairement indiqué que ni eux ni aucun de leurs principaux collègues n'ont jamais été consultés dans la production du Projet 1619.

Notre couverture du Projet 1619 dévoile le véritable rôle de la censure sur Internet. Google affirme que son régime de censure vise à promouvoir un contenu «faisant autorité» et «original», tout en rétrogradant ce qu’il appelle des points de vue «alternatifs».

Il n’existe pas de documents faisant plus « autorité» sur le Projet 1619 que les entretiens publiés par le WSWS avec ces historiens. Wood et McPherson sont universellement considérés comme les meilleures autorités en matière d’histoire américaine, et leurs interviews sur le WSWS sont à l’origine de milliers d’autres articles écrits sur le Projet 1619 — pour et contre.

En revanche, le Projet 1619 se fondait sur le rejet de ces sources «faisant autorité», qui n’ont jamais été consultées lors de sa rédaction ou de sa publication.

La question évidente est donc de savoir pourquoi il faut aller sur la troisième page des résultats de Google dans une recherche pour «Projet 1619» pour voir un seul article du WSWS sur ce Projet? Pourquoi les interviews de Wood et McPherson n’apparaissent-elles pas?

La réponse est que la censure de Google n’a rien à voir avec le fait d’aider les utilisateurs à trouver des contenus «faisant autorité». Son seul but est de rétrograder les contenus auxquels l’establishment politique américain s’oppose, et de promouvoir les contenus qu’il veut promouvoir.

TK: Beaucoup des cibles les plus visibles des suppressions et suspensions ont été des conservateurs comme Alex Jones, ou les partisans du mouvement Q. Vous avez dit que vous croyiez que le véritable objectif de la modération de contenu était de supprimer les critiques de gauche du capitalisme. Est-il possible que s’en prendre à des conservateurs de haut niveau soit une façon de vendre le concept aux libéraux? Ou, y a-t-il pour vous un autre motif?

Damon: Le «World Socialist Web Site» ne croit pas que la censure des fascistes soit un moyen efficace de combattre le fascisme. Il donne du crédit à leurs fausses prétentions de s’opposer à l’establishment politique. Les fascistes reçoivent un soutien de haut niveau de l’oligarchie financière, de l’intérieur de l’État policier et de l’armée. La censure ne fait que les renforcer.

À l’université Humboldt de Berlin, l’IYSSE a été à la tête d’une campagne des étudiants pour s’opposer aux professeurs d’extrême droite qui jouent un rôle de premier plan dans cette l’université, comme Jörg Baberowski, qui a déclaré à Der Spiegel que «Hitler n’était pas cruel». La presse de droite en Allemagne nous a attaqués pour avoir tenté de «censurer» Baberowski et d’autres. Non, nous avons mené ce combat en disant aux étudiants et à la population en général ce que ces personnages font, disent et défendent réellement! Nous combattons le fascisme en disant la vérité sur les fascistes et en exposant leurs connexions avec l’État au plus haut niveau.

La véritable cible de la censure est toujours la gauche.

TK: Voyez-vous un lien dans tout cela avec la longue tradition de répression du discours de gauche en Amérique (qui remonte aux lois dites «drapeau rouge», à la norme du «syndicalisme criminel» etc.) ou s’agit-il de quelque chose de différent, inspiré par des motifs différents?

Damon: Il y a une longue tradition d’anticommunisme en Amérique. La plupart des arguments en faveur de la censure d’Internet sont tirés directement des arguments du Maccarthysme et du Birchisme, ainsi que des ségrégationnistes du Sud, qui affirmaient que les Noirs d’Amérique seraient heureux avec Jim Crow si seulement les «agitateurs extérieurs» cessaient de semer le trouble.

TK: Que dites-vous aux personnes dont la réponse à cette question est que les entreprises privées ont le droit de faire ce qu’elles veulent sur leurs propres plate-formes?

Damon: Eh bien, juridiquement parlant, les entreprises privées n’ont pas le droit de faire ce qu’elles veulent. Un propriétaire de restaurant ne peut pas jeter un client hors de son restaurant à cause de la couleur de sa peau. UPS ne peut pas dire qu’il ne livrera pas vos colis parce qu’il n’est pas d’accord avec vos opinions politiques. Les entreprises technologiques fournissent un service social essentiel, tout comme les entreprises municipales privées de collecte des déchets et les entreprises privées de traitement des colis. Elles n’ont pas le droit d’exercer une discrimination à l’encontre des personnes en fonction de leurs opinions politiques.

TK: Avez-vous observé des changements dans l’attitude des Américains vis-à-vis de la liberté d’expression récemment? Qu’en est-il des changements au sein de la gauche politique sur cette question?

Damon: D’après mon expérience, la classe ouvrière américaine est farouchement attachée aux principes de la liberté d’expression.

Avec la classe moyenne supérieure aisée, c’est une autre histoire. Depuis des années, les partis et organisations de ce que nous appelons la pseudo-gauche encouragent la chasse aux sorcières sexuelle contre des personnalités culturelles et intellectuelles, assimilant une accusation à une condamnation et appelant à la destruction de leur carrière. Vous pouvez voir le caractère de droite de ces campagnes dans la chasse aux sorcières contre Roman Polanski, dont le film magnifique sur l’affaire Dreyfus a été condamné tant par les féministes bourgeoises que par les antisémites.

Ceux parmi vos lecteurs qui ne connaissent pas le bilan du WSWS seront soulagés d’apprendre que nous nous sommes opposés à la campagne #MeToo dès le début et que nous avons défendu des personnalités telles que Polanski, Louis CK et Kevin Spacey.

TK: L’ère de la «modération de contenu» a-t-elle déjà un héritage politique?

Damon: La pandémie de COVID-19 a montré que la suppression de l’information est une question de vie ou de mort. L’interview de Bob Woodward avec Donald Trump, où le président a déclaré qu’il cherchait à «minimiser» la menace du virus, alors même que son cabinet et le Congrès recevaient des informations désastreuses sur la catastrophe qui se préparait, indique une conspiration de grande envergure pour supprimer les informations sur la pandémie.

Chaque lieu de travail est un microcosme de cette conspiration nationale. Dans les usines automobiles, les travailleurs ne sont pas informés lorsque leurs collègues tombent malades, ce qui rend impossible la recherche des contacts.

Nous avons essayé de faire du WSWS l’antipode de cette conspiration du silence. Le WSWS est une plaque tournante qui permet aux travailleurs de s’informer sur la menace que représente la maladie, de suivre les épidémies dans leurs usines et de coordonner leur réponse. Aucune ressource comparable n’existe pour les travailleurs du secteur manufacturier, en particulier dans le Midwest américain.

Il n’appartient pas à des entreprises intéressées de décider de ce qui est vrai et de ce qui est faux, de ce qui peut et ne peut pas être dit. Les travailleurs ont besoin de connaître la vérité. Et la seule façon d’y parvenir est qu’ils puissent lire ce qui leur plaît et former leur propre opinion.

(Article paru d’abord en anglais le 27 novembre 2020)