Le coup d'État de Trump et la montée du fascisme: Où va l'Amérique?

Par David North
19 janvier 2021

La première réaction, aux États-Unis mais aussi dans le monde entier, aux événements violents du 6 janvier 2021 est, à juste titre, la sidération.

L'investiture de Joseph Biden comme 46e président des Etats-Unis aura lieu dans une capitale occupée par 25.000 soldats, ce qui – comme l'a noté un officier militaire – représente environ 10 fois le nombre de soldats américains actuellement stationnés en Afghanistan. La situation politique à Washington est telle que l'inauguration présidentielle, l'un des rituels centraux de la politique américaine depuis plus de 200 ans, sera une cérémonie dont le public a été exclu.

En février 1861, Abraham Lincoln, qui se rendait à Washington à la veille de la guerre de Sécession, passait clandestinement par Baltimore pour échapper à un complot d'assassinat de la part de conspirateurs confédérés. Mais le 4 mars 1861, il a pu prêter serment et prononcer son premier discours inaugural devant une foule nombreuse et pacifique. Quatre ans plus tard, au cours des dernières semaines de la guerre civile, Lincoln a prononcé son magistral deuxième discours inaugural devant un immense public.

Rien dans l'expérience historique des États-Unis n'est comparable à la situation actuelle. Non seulement il existe un état de siège à Washington, mais dans tout le pays, les capitales des États sont fermées, les autorités craignant des attaques violentes de la part des forces d'extrême droite.

Le coup d'État de Trump et la montée du fascisme: Où va l'Amérique?

Les affirmations selon lesquelles la prise du Capitole n'aurait pas pu être prévue ne résistent pas à une analyse sérieuse. La meilleure réfutation de ces arguments se trouve dans les publications du WSWS, qui n'a cessé de mettre en garde contre l'intention de Trump d'établir une dictature – qui, rappelons-le, a été affichée lors de la cérémonie d'inauguration il y a quatre ans. Des soldats en uniforme se sont soudainement rassemblés derrière Trump alors qu'il prononçait sa harangue fasciste prédisant une apocalypse américaine. Les soldats ont été tout aussi soudainement retirés. L'incident, largement ignoré par les médias, a été commenté par la WSWS.

Les signes de préparation du coup d'État, planifié au sein de la Maison Blanche et coordonné avec des éléments de l'armée et de la police, ainsi qu'avec les forces paramilitaires et fascistes locales, ont été manifestes tout au long de l'année dernière. Au cours des dernières semaines de la campagne électorale et après la défaite de Trump, les plans d'un coup d'État qui renverserait les résultats des élections de 2020 ont acquis un caractère fébrile.

Les camarades Joseph Kishore et Eric London expliqueront la situation politique et les événements qui ont conduit à l'assaut fasciste sur le Capitole dans leurs remarques. Je voudrais placer les événements du 6 janvier dans un contexte historique plus large. Si on veut répondre à la question fondamentale posée dans le titre de cette réunion, « Où va l’Amérique », il faut examiner sa trajectoire sur une période historique prolongée et, surtout, dans le contexte international. C'est, du point de vue du marxisme, la seule approche qui puisse conduire à une évaluation correcte de la situation actuelle. La cause principale de l'éruption du 6 janvier est à rechercher dans la crise mondiale du système capitaliste, plutôt que dans les conditions spécifiquement américaines.

Le contexte international est essentiel pour évaluer l'importance et des implications à long terme du 6 janvier. Ceux qui considèrent le soulèvement fasciste à Washington comme le simple résultat de conditions nationales, découlant de la personnalité de Trump et dépendant entièrement de lui, tireront des conclusions politiques très différentes de celles de ceux qui, à partir d’une évaluation marxiste-trotskyste, situent la situation nationale dans le contexte de la crise internationale.

Personne ne peut nier de manière plausible qu'il existe une relation de cause à effet entre la pandémie de COVID-19, qui s'est propagée dans le monde entier en 2020, et l'éruption politique de janvier 2021. Il y a près d'un an, le WSWS a écrit que la pandémie est un « événement déclencheur », comme l’avait été la Première Guerre mondiale. Cet « événement déclencheur », comme l'avait prédit le WSWS, a intensifié et a accéléré la crise capitaliste mondiale et sa manifestation dans tous les pays. La réaction officielle à la crise – dictée par les impératifs économiques du système capitaliste tels qu'ils sont réfractés par les intérêts sociaux des élites dirigeantes – a entraîné une catastrophe sociale qui a mis à nu la faillite économique, politique, intellectuelle et morale de l'ordre social existant. À travers le monde, plus de deux millions d'êtres humains ont déjà succombé au virus. Aux États-Unis, le nombre de morts approche maintenant rapidement les 400.000. D'ici un mois, il semble presque inévitable que plus d’un demi-million d'Américains seront morts du virus.

La pandémie n'est pas un événement isolé que les gens suivent à distance. La tragédie de tant de vies perdues a été aggravée par une crise économique d’une intensité stupéfiante. Aux États-Unis, des millions de personnes sont sans emploi et souffrent de la faim. Un pourcentage important de la population a été ou est directement confronté au danger de la faillite. La pandémie constitue un profond traumatisme social, comme les deux guerres mondiales, dont les conséquences seront durables.

On ne peut éviter la question: Comment cela a-t-il pu se produire ? L'incompétence et le chaos stupéfiants qui ont caractérisé chaque aspect de la réponse à la pandémie ont créé un sentiment d'humiliation nationale. Les vieilles expressions utilisées pour glorifier l'Amérique – «la terre des opportunités illimitées », ou encore le « dernier meilleur espoir sur terre » et la « citadelle de la démocratie » – n'ont aucun rapport avec la réalité. À la lumière de la série interminable d'échecs et de mensonges qui ont caractérisé la réponse officielle à la pandémie, personne ne s'étonne que le lancement médiatisé des vaccins ait dégénéré en quelques semaines en honteux gâchis supplémentaire.

La réaction désastreuse à la pandémie et la crise politique qui en résulte sont elles-mêmes les manifestations de processus plus longs. Si l'on fait abstraction de ces processus historiques et internationaux plus larges en examinant les événements du 6 janvier, on pourrait considérer qu'ils ne sont qu'une manifestation un peu plus violente des tendances politiques et sociales réactionnaires qui ont toujours été présentes aux États-Unis: les «Know-Nothings» des années 1850, le Ku Klux Klan d’après la guerre de Sécession, les nombreux mouvements racistes, antisémites et anti-ouvriers dans les années 1920 et 1930, l'hystérie maccarthyste du début des années 1950, la John Birch Society et la campagne présidentielle de Goldwater en 1964. Même en tenant compte de l'impact de la pandémie, pourquoi la situation actuelle est-elle fondamentalement différente ?

La réponse fondamentale est que la position mondiale du capitalisme américain est transformée. L'émeute fasciste du 6 janvier est le produit d'une crise prolongée de la démocratie. Le caractère toxique des contradictions sociales aux États-Unis, telle la pauvreté de masse et les niveaux stupéfiants d'inégalité sociale, est le résultat du déclin à long terme de la position mondiale des États-Unis.

Plaçons l'inauguration de Biden dans un cadre historique plus large. Elle aura lieu exactement 60 ans après celle de John F. Kennedy, le 20 janvier 1961. Cette inauguration a eu lieu exactement à mi-chemin entre la seconde investiture du président William McKinley le 4 mars 1901 – le mois des inaugurations a été avancé à janvier seulement en 1937 – et la prestation de serment de Biden qui aura lieu mercredi prochain.

McKinley a présidé la guerre hispano-américaine, qui a marqué l'émergence des États-Unis en tant que puissance impérialiste mondiale. Au cours des 60 années suivantes, les États-Unis se sont imposés comme la puissance capitaliste la plus dynamique et la plus riche et ont traversé avec un immense succès deux guerres mondiales, sur la base desquelles ils ont assuré leur hégémonie mondiale. Les présidents qui ont dominé cette époque ont été Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson, Franklin Roosevelt, élu quatre fois, et dans les années qui ont suivi la mort de Roosevelt en 1945, Truman, Eisenhower et Kennedy.

On se souvient de l'investiture de Kennedy pour son évocation habile, bien que totalement hypocrite, du patriotisme. Un examen attentif de son texte montre que le discours du nouveau président reflétait de profondes craintes quant à l'impact de la marée montante de la révolution sociale. Pour freiner les forces de la révolution, le capitalisme devrait composer avec la colère populaire. «Si une société libre ne peut pas aider le grand nombre de pauvres», a-t-il dit, «elle ne pourra sauver le petit nombre de riches.» La réaction à cette menace était d'utiliser les réformes sociales comme élément d’une lutte contre le socialisme. L'impérialisme américain devait être prêt à « payer n'importe quel prix» pour assurer la survie de la «liberté», c'est-à-dire du capitalisme.

La capacité d’allier la défense des intérêts mondiaux de l'impérialisme américain aux réformes sociales à l’intérieur dépendait de la domination économique des États-Unis, dont le pilier central était le rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale, convertible en or à 35 dollars l'once. Cet élément essentiel de l'ordre post-guerre, établi lors de la conférence de Bretton Woods de 1944, supposait que les États-Unis – la puissance économique mondiale – domineraient le commerce mondial pendant les décennies à venir et maintiendraient donc d'importants excédents commerciaux et financiers. Tant que les États-Unis maintiendraient ces excédents, le dollar pourrait être universellement accepté comme étant « aussi bon que l'or».

Mais alors même que Kennedy prêtait serment, l'ascendant économique des États-Unis subissait déjà des pressions. Les principaux rivaux vaincus par les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne et le Japon, reconstruisaient leurs économies. Les excédents commerciaux des États-Unis chutaient. En même temps, la classe dirigeante était confrontée à un militantisme ouvrier important ainsi qu'au mouvement croissant des droits civils, que les administrations Kennedy et Johnson essayaient de contenir par des réformes substantielles. Mais le coût de ces réformes, tout en menant des guerres contre les insurrections révolutionnaires, notamment au Vietnam, était trop grand. Ce dilemme a emporté le programme de réforme sociale.

En 1971, les déficits croissants menaçaient d'épuiser la réserve d'or américaine. Les importations dépassaient les exportations. L'or s'écoulait, posant ce qui était alors considéré comme un danger de faillite nationale. Cela a conduit l'administration Nixon, arrivée au pouvoir en janvier 1969, à des mesures drastiques. Il y a un peu moins de 50 ans, le 15 août 1971, le président Nixon a réagi à cette urgence économique en mettant fin à la convertibilité du dollar en or.

Rétrospectivement, ceci a marqué un tournant dans le destin non seulement de l’économie des États-Unis, mais aussi de leur démocratie. Tant que les États-Unis étaient une puissance montante, dont la composante militaire était secondaire par rapport à la force et à la domination économiques du pays, l'orientation fondamentale de la politique américaine était de nature largement progressiste.

Les forces réactionnaires ne manquaient pas aux États-Unis: le mouvement Lindbergh, le père Coughlin, Gerald L.K. Smith et, plus tard, Joe McCarthy. Mais la croissance de ces tendances malignes et réactionnaires était contenue par la capacité du capitalisme américain à procéder à des réformes et à maintenir un équilibre social et politique viable. Même pendant la Grande Dépression dans les années 1930, comme l'avait noté Trotski, la richesse du capitalisme américain a donné à Roosevelt l'espace nécessaire pour faire ses expériences.

Ces expériences se sont poursuivies jusque dans les années 1960. Le New Deal de Roosevelt a fait place au Fair Deal de Truman, à la New Frontier de Kennedy, puis, après l'assassinat de Kennedy en novembre 1963, à la Great Society de Johnson. Mais la Johnson n’a pu réaliser la « Grande Société ». Déjà en déclin, les États-Unis ne pouvaient plus « payer n’importe quel prix » pour défendre le capitalisme. Il fallait choisir entre « les fusils et le beurre », entre financer une armée capable de faire la guerre à travers le monde ou financer des réformes sociales qui augmenteraient les niveaux de vie à l’intérieur. C’est le choix des fusils qui s’est imposé.

L'abandon de la réforme sociale exigeait d’accélérer la répression sociale. La trajectoire de la démocratie américaine a suivi la trajectoire du capitalisme américain, c'est-à-dire vers le bas.

Le premier virage vraiment significatif d'un président américain vers des méthodes criminelles sapant les procédures constitutionnelles s'est produit au lendemain de la crise de Bretton Woods d'août 1971. C’était le cambriolage du Watergate en juin 1972. Des agents républicains, liés à la CIA, ont pénétré dans les bureaux du Parti démocrate au complexe du Watergate à Washington. C’était une tentative criminelle de renverser l'élection présidentielle à venir, qui a déclenché une crise politique et constitutionnelle. Les audiences du Watergate et l'enquête au Congrès ont finalement abouti au vote de la commission judiciaire de la Chambre des représentants pour destituer Nixon, qui a été presque immédiatement suivi par la démission du président criminel en août 1974.

Cela ne s'est guère avéré un triomphe de la démocratie. Malgré l'humiliation de Nixon, la démocratie américaine a continué son déclin, parallèlement à la dévaluation du dollar. L'attaque contre le mouvement ouvrier s’est intensifiée. Et bien que les efforts du président démocrate Jimmy Carter pour écraser la grève nationale des mineurs de charbon en 1978 par l'invocation de la loi Taft-Hartley aient échoué, son action a préparé le terrain pour le licenciement massif par Ronald Reagan de 11.000 contrôleurs aériens en grève, membres du syndicat nommé PATCO, en août 1981. L'action n'a pas rencontré l'opposition de l'AFL-CIO, marquant le début de la fin du mouvement syndical tel qu'il avait émergé des grandes luttes industrielles des années 1930 et 1940.

Dans les années 1990, après une vague de grèves s’étant soldées par des défaites, isolées et trahies par l'AFL-CIO, les syndicats n'existaient plus qu’en tant qu’instrument subalterne de l'exploitation de la classe ouvrière par les entreprises. Les grèves ont pratiquement disparu du paysage social des États-Unis. L'ère du multimilliardaire avait commencé. Il s'ensuivit une croissance stupéfiante des inégalités sociales, avec surtout une concentration des richesses dans une petite élite oligarchique jamais vue aux États-Unis depuis la fin des années 1920.

La contre-révolution sociale s'est accompagnée d'une réaction politique, qui a nécessité la réhabilitation de la plus criminelle des idéologies capitalistes, le fascisme. Reagan a commencé sa campagne pour la présidence en 1980 à Philadelphie, ville du Mississippi où des membres du Ku Klux Klan avaient tué trois défenseurs des droits civils – James Chaney, Michael Schwerner et Andrew Goodman – en juin 1964. On savait à l'époque que Reagan ne s'est pas rendu à Philadelphie pour rendre hommage aux martyrs des droits civiques mais pour marquer sa solidarité avec les pires formes de réaction américaine. Pour s'assurer que le message soit bien reçu, Reagan, lors d'une visite en Allemagne en 1985, a déposé une couronne de fleurs dans un cimetière militaire à Bitburg, où sont enterrés des membres de la Waffen SS.

Un an plus tard, le scandale Iran-Contra impliquait l'administration Reagan dans la violation d'une loi votée par le Congrès. Les activités criminelles exposées lors des audiences du Congrès étaient liées à l'implication des États-Unis dans le financement d'escadrons de la mort et de mercenaires cherchant à renverser le gouvernement sandiniste nationaliste de gauche au Nicaragua. Au cours de l'enquête du Congrès, il est apparu que le colonel Oliver North, qui dirigeait les opérations meurtrières en Amérique centrale au nom de Reagan, était également impliqué dans des plans secrets, connus sous le nom de Rex 84, pour la détention de 100.000 Américains en cas d'urgence nationale. La discussion ouverte de ces plans a été immédiatement bloquée par le président de la commission d'enquête sur le scandale Iran-Contra, le sénateur démocrate Daniel Inouye d'Hawaï.

Les tendances autoritaires, accélérées après la dissolution des régimes staliniens en Europe de l'Est et en Union soviétique et de la restauration du capitalisme entre 1989 et 1991, sont allées de pair et ont servi les intérêts d'une nouvelle éruption du militarisme impérialiste américain. L'invasion de l'Irak en 1991 a marqué le début de 30 ans de guerre ininterrompue menée par les États-Unis au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Lors de l'élection de 2000, la Cour suprême a voté à 5 voix contre 4 pour attribuer la présidence à George Bush en arrêtant le décompte des voix en Floride. Le Parti démocrate n’a pas contesté cette décision extraordinaire. Plusieurs arguments et procédures utilisés par les Républicains pour voler l'élection, bien qu'à plus petite échelle, anticipaient les méthodes utilisées par Trump et le parti républicain en 2020. Le juge Antonin Scalia a soutenu dans l'affaire Bush contre Gore que rien dans la Constitution ne donnait au peuple américain le droit de choisir le président. Les législatures des États, a-t-il affirmé, ont le droit de choisir les électeurs présidentiels, sans tenir compte du résultat du vote populaire dans leur État. Préfigurant les efforts de Trump pour renverser les résultats de l'élection de 2020 et passer outre le vote populaire dans les États-clé, Scalia a exhorté en 2000 les membres de la législature de Floride à sélectionner les électeurs qui voteraient pour Bush.

Le vol de l'élection de 2000 a été suivi par les événements du 11 septembre, dont l'administration Bush, soutenue par les démocrates, s’est saisie pour envahir l'Afghanistan et l'Irak et lancer, sous l'égide de la « guerre contre le terrorisme » et du Patriot Act, l'attaque la plus radicale contre les droits constitutionnels fondamentaux de l'histoire des États-Unis.

L'établissement d'un camp de concentration offshore à Guantanamo, puis, sous Obama, l'assassinat ciblé de citoyens américains ont été d'autres jalons dans le déclin déjà bien avancé de la démocratie américaine.

Si nous replaçons les événements dans ce contexte historique, il est clair que le 6 janvier marque une nouvelle étape dans un effondrement prolongé de la démocratie.

Ces derniers jours on a assisté aux efforts de certains historiens et journalistes pour affirmer que rien de très important ne s'était passé le 6 janvier et que tout reviendrait plus ou moins à la normale. Cette dangereuse sous-estimation du danger ne repose pas seulement sur une évaluation incorrecte de la situation américaine.

Ceux qui avancent ces affirmations se trompent dans leur évaluation de l'état du capitalisme en tant que système économique et social mondial. Les conditions que je décris et que nous connaissons aux États-Unis existent dans le monde entier. Partout, la démocratie est assiégée. Il y a une résurgence de la droite, une croissance des forces fascistes. Le camarade Christoph Vandreier parlera de la renaissance du fascisme en Allemagne.

Quelle conclusion doit-on tirer des événements du 6 janvier ? Ils marquent une nouvelle étape dans la vie politique des États-Unis et du monde.

Où va l’Amérique ? Les luttes sociales à venir aux États-Unis et au niveau international en décideront. L'ancienne expression était que les Américains ont « un rendez-vous avec le destin ». C'était l'expression utilisée par Roosevelt. La réalité est que les Américains ont maintenant un rendez-vous avec l'histoire.

Où va l’Amérique ? Va-t-elle vers le fascisme, ou vers le socialisme ? Ce sont les alternatives qui confrontent les Américains. La voie du socialisme est celle de la lutte des classes. Si la démocratie doit survivre dans ce pays, et où que ce soit dans le monde, il lui faudra une nouvelle base sociale. Elle ne peut pas reposer sur la bourgeoisie. Les anciennes références classiques à la démocratie bourgeoise n'ont que peu de pertinence dans la situation actuelle. Si la démocratie doit survivre, le pouvoir doit passer aux mains de la classe ouvrière.

L'issue reste à déterminer. Il n'y a rien d'inévitable dans l'histoire. Il y a une possibilité pour le socialisme. Il y a aussi une possibilité pour le fascisme. Du point de vue des facteurs objectifs, le potentiel du socialisme est immense. De puissantes forces économiques et sociales poussent les États-Unis et le monde dans cette direction progressiste et libératrice: la mondialisation de l'économie, l'interconnexion de la production, les puissants progrès des technologies de communication et, surtout, la prédominance numérique et la force écrasante de la classe ouvrière. Ces facteurs critiques rendent possible la victoire de la révolution socialiste.

Mais il n'y a pas que des forces objectives dans l’histoire; il y a aussi des forces subjectives. Le potentiel objectif doit être traduit en un programme politique et une action politique de masse de la classe ouvrière. « La lutte décidera !» Ce sont les mots utilisés par Trotski au début des années 1930. Le monde avancera-t-il vers le socialisme ? Ira-t-il vers le fascisme ? Cela dépend de la question critique de la direction révolutionnaire de la classe ouvrière.

Ce que font les travailleurs, ce que ceux d'entre vous qui êtes dans le public déciderez de faire, c'est la question critique. Le WSWS, les Partis de l'égalité socialiste, le Comité international de l’IVe Internationale peuvent avancer et lutter pour un programme socialiste révolutionnaire. Mais ce programme doit être repris par la classe ouvrière. Il doit être introduit dans la classe ouvrière. Il faut le présenter aux larges sections de travailleurs aux États-Unis et dans le monde entier qui cherchent un moyen de se battre mais ne peuvent le trouver par eux-mêmes. Ils doivent être formés à la théorie et aux principes socialistes. Il faut leur donner une bannière autour de laquelle ils puissent s'unir sur une base progressiste.

J'espère donc que cette réunion vous convaincra de participer à la lutte, de rejoindre le Parti de l'égalité socialiste, de vous lier au Comité international de l’IVe Internationale et de construire le Parti mondial de la révolution socialiste.